Casa Malaparte : histoire et architecture de la villa à Capri

Architecture | Capri | Rationalisme

La Casa Malaparte, accrochée à la falaise de Punta Massullo, reste l’un des édifices les plus débattus de l’architecture italienne du XXe siècle : de sa genèse controversée à son statut de décor de cinéma, l’édifice continue d’imposer sa présence.

La Casa Malaparte accrochée à la falaise de Punta Massullo, à Capri

La villa Malaparte, chef-d’œuvre d’architecture à Capri

Accrochée à la falaise de Punta Massullo, la villa Malaparte surgit comme une masse nette posée face à la Méditerranée. Sa maçonnerie rouge, son escalier monumental et son rapport direct au promontoire composent une présence immédiate : une ligne qu’on reconnaît d’emblée depuis Capri et la baie de Naples.

L’origine et l’histoire de la villa Malaparte

L’écrivain Curzio Malaparte, de son vrai nom Kurt Erich Suckert, découvre le site en 1936. Grâce à Galeazzo Ciano, il obtient ce terrain difficile d’accès et engage un projet que beaucoup jugent alors irréalisable. C’est là que le travail de l’artiste prend sens : faire d’une résidence isolée un manifeste personnel, taillé pour Capri plus que posé sur elle.

  • Collaboration initiale : l’architecte Adalberto Libera, figure du Gruppo 7 et nom central du rationalisme italien, établit les premiers plans en 1937.
  • Rupture créatrice : Curzio Malaparte écarte ces plans, jugés trop linéaires, puis reprend la direction du chantier dès 1938 avec le maçon local Adolfo Amitrano.
  • Source d’inspiration : une église vernaculaire observée à Lipari pendant son confinement en 1934 oriente la forme finale, plus sèche, plus minérale.
  • Attribution débattue : longtemps attribuée à Libera, l’œuvre est aujourd’hui reconnue comme menée par l’écrivain lui-même, avec l’appui du peintre Uberto Bonetti; Libera aurait surtout servi de garantie administrative pour le permis.

L’écrivain italien parlait de Casa Come Me, maison à son image. Le choix du mot casa, plutôt que villa, dit déjà le programme : refuser l’apparat bourgeois pour construire une forme plus tendue, plus exposée, où la modernité ne relève pas d’un style mais d’une position.


L’architecture et le style de la Casa Malaparte

La structure prend la forme d’un parallélépipède de 54 mètres sur 10, avec des murs de 80 cm d’épaisseur. Cette rigueur, souvent rapprochée du rationalisme moderne, annonce aussi des lectures plus tardives proches du style brutaliste; comme chez Richard Neutra, le site n’est pas corrigé, il est assumé.

  • Toit-terrasse : le toit-terrasse sans balustrade, atteint par l’escalier en pyramide inversée, concentre le geste le plus radical de la maison.
  • Espace intérieur : le second étage abrite un salon de 120 m² avec cheminée équipée d’une vitre Zeiss; un atrium et une bibliothèque prolongent cet ensemble.
  • Insertion topographique : la maison suit la logique du cap rocheux au lieu de s’y opposer, entre masse bâtie et relief naturel.

Vue depuis la mer, la maison Malaparte impose une évidence rare. Dès lors que l’on saisit cette relation entre volume, roche et horizon, la forme tient sur le long terme : l’architecture y demeure lisible sans effet décoratif.

La villa Malaparte dans le cinéma mondial

Bon à Savoir

Bon à Savoir

La célébrité internationale du lieu passe largement par le cinéma. Jean-Luc Godard en fait le cadre principal du Mépris en 1963, avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli et Jack Palance : la villa cesse alors d’être une maison privée pour devenir un personnage à part entière.

Cette présence filmique a marqué durablement les regards. À l’inverse d’Arthur Erickson, qui travaille souvent la continuité douce avec le paysage, Godard cadre la Casa Malaparte comme une forme autonome face à la mer. Le Mépris reste le point d’entrée majeur du lieu dans l’imaginaire collectif.

La villa apparaît aussi dans La Peau de Liliana Cavani en 1981 et sur l’affiche du 69e Festival de Cannes. sa diffusion dépasse le seul champ savant : campagnes de mode, imagerie éditoriale et collectionneurs continuent d’y voir un motif central. AAZ Galerie rassemble, dans cette continuité, des œuvres où l’architecture moderne est traitée avec la même exigence visuelle : art Casa Malaparte.

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Nous réalisons un travail artisanal au près d’artistes français, toutes nos pièces sont des pièces originales.


Visiter la villa Malaparte aujourd’hui

La villa Malaparte n’est pas ouverte comme un musée. La fondation Giorgio Ronchi gère le lieu depuis 1972 et l’accès reste limité à de rares invitations pour chercheurs ou événements culturels. On y parvient à pied par le sentier côtier de Pizzolungo, ou par bateau lorsque la mer le permet : l’isolement fait partie de son histoire.

A Retenir

A Retenir

La restauration conduite dans les années 1980 et 1990 par Niccolò Rositani et Paolo Portoghesi a restitué les pigments du stuc et les fenêtres aux cadres asymétriques. AAZ Galerie inscrit ce regard dans une continuité précise du modernisme méditerranéen, avec la même attention à la coupe, à la lumière et à la durée : entre genèse et diffusion, c’est là que le travail de l’artiste prend sens. AAZ Galerie prolonge ce regard avec la villa Noailles architecture et l’affiche Villa Reflet.

La maison reste liée à des débats d’attribution, à des usages rares et à un site presque inaccessible. Pourtant, le geste compte autant que le résultat : c’est ce qui la distingue durablement, même logique que pour la forme.

Caractéristique

Détail

Localisation

Punta Massullo, Capri, falaise de 32 m au-dessus de la Méditerranée

Construction

1938-1943, dirigée par Curzio Malaparte et Adolfo Amitrano

Dimensions

54 m × 10 m, murs de 80 cm d’épaisseur

Style

Rationalisme moderne, influences brutalistes, insertion topographique

Accès

À pied (sentier de Pizzolungo) ou par bateau; aucune route carrossable

Gestion actuelle

Fondation Giorgio Ronchi; accès sur invitation uniquement

Rôle cinématographique

Le Mépris (Godard, 1963), La Peau (Cavani, 1981)


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FAQ

L’écrivain italien Curzio Malaparte, de son vrai nom Kurt Erich Suckert, qui découvre le site de Punta Massullo en 1936 et y engage un chantier jugé alors irréalisable.

Non : la maison reste une propriété privée, fermée au public. On l’aperçoit depuis la mer, lors d’un tour en bateau autour de Capri, ou depuis certains sentiers de la côte.

Elle sert de décor principal au Mépris de Jean-Luc Godard (1963), notamment pour la scène du toit-terrasse et de son escalier trapézoïdal.

Rédigé par

Portrait de Jim, fondateur d'AAZ Galerie

Jim Zielenkiewicz

Fondateur AAZ Galerie

Issue d’une famille d’Artistes, formée chez Traffic Creative Management à New York. Aujourd’hui dirigeant d’AAZ Galerie, et accompagne les artistes dans leur développement.

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